Creches : une approbation familiale

C’est au XVIII siècle que se développent les petites crèches chez les particuliers les plus fortunés.

Ce qui est intéressant, c’est de voir, que ce sont les Marseillais qui font entrer ce que nous appelons les santons ( c.a.d les autres personnages que ceux de la Nativité) dans la crèche. Il s’installe, les bergers mais aussi le petit peuple marseillais, comme les paysans et les vendeurs de rues qui deviennent des personnages venus porter des offrandes au nouveau né.

Ce sont des petites scènes dans des cadres vitrés ou de vraies crèches comme dans les Églises mais de plus petites tailles. Elles sont en verre filé de Nevers, en mie de pain cuites, vernies, puis peintes, en faïence de Moustier.

Crèche dans une niche vitrée Sujets en mie de pain et papier plié. Selon R. Bertrand, fabriquée dans un couvent provençal Coll. particulière

Crèche dans une niche vitrée
Sujets en mie de pain et papier plié.
Selon R. Bertrand,
fabriquée dans un couvent provençal
Coll. particulière

Il faut souligner, que la population à si bien accueillit cette nouvelle tradition qu’elle se l’approprie totalement, en y insérant sa vie de tous les jours. Quant à l’Église elle laisse se mêler profane et sacrée, sans problème.

Peut-on aussi y voir une forme d’humanisation de la religion, dans ce siècle des Lumières, où l’homme devient le centre et plus dieu ? En effet, les personnages bibliques sont de moins en moins nombreux face aux personnages locaux. L’homme simple côtoie Dieu, sa vie de tous les jours, son travail, est mis au centre des regards. On humanise la religion.

En conséquence, les historiens parlent d’« Europe crèchiste », où se développe localement l’habitude de faire la crèche à Noël : au sud, avec l’Espagne, l’Italie (Gênes, Savone et Naples) et la Provence, au Nord avec la Pologne, la Hongrie et la Russie.

La crèche se peuple de sujets profanes locaux, véritables description de la société, hors des Églises vers les maisons particulières, le paysage se régionalise.

La diffusion de cette habitude, part toujours d’un centre urbain, capable de développer cet artisanat. Pour la Provence, c’est Marseille, qui répand dans toute la région cette tradition.

On peut se demander pourquoi cette diffusion s’est faite à Marseille et pas dans des villes comme Toulouse, Montpellier ?

A la fin du XVIII e siècle, l’attachement des Marseillais est très fort à cette coutume.

Pendant la révolution française il y eu interdiction de faire la crèche dans les Églises et chez les gens, mais les particuliers continuaient de faire leurs crèches à Noël, reconstituants chez eux de véritables églises.

Le Concordat de 1802, l’autorisation aux particuliers de refaire la crèche dans les maisons.

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *