La foire aux Santons de Marseille

La légendaire foire aux santons était à ses débuts une foire où l’on vendait des confiseries, de la mercerie et des fleurs.

A partir de 1802, des santonniers forts de l’essor de la crèche familiale s’y installent pour vendre leurs productions. Lagnel s’y installe à partir de 1808.

Elle débute le 4 décembre (Sainte Barbe) et se termine le 2 février (jour des Rois). Aujourd’hui c’est à partir du dernier dimanche de novembre jusqu’après Noël.

Baraque des Truffier vers 1914

Baraque des Truffier vers 1914

Le développement de cette foire va de pair avec la croissance du nombre de santonniers.

En 1863, il y a quarante et une baraques, soixante et douze en 1869 !

Même les guerres n’interrompent pas les foires (Aubin Truffier fait la foire en 1870 à l’âge de onze ans, il remplace son père partit au front).

Les années 1850-60 sont très florissantes.

En plus des santons on vend tout ce qui est nécessaire pour faire la crèche : papier, mousse fraîche. Au XX e siècle, toute la décoration pour le sapin, sorte de foire de Noël, comme en Alsace.

En 1808, la foire se déplace sur le cours Belsunce, puis sur le Boulevard Peytral, puis retourne à Belsunce. En 1833, elle est à nouveau sur les allées Meilhan.

En 1854, les simples planches d’étalage deviennent de véritables abris, on les appelle désormais « les baraques ».

Barraque des Truffier dans les années 60-70 Urbain de dos (avec casquette) On peut noter l'affluence des Marseillais lors de cet événement. in "Le Santonnier" - Berger-Levrault, 1977

Barraque des Truffier dans les années 60-70
Urbain de dos (avec casquette)
On peut noter l’affluence des Marseillais lors de cet événement.
in « Le Santonnier » – Berger-Levrault, 1977

La foire devient un rendez-vous incontournable pour toutes les familles marseillaises mais aussi de toute la région qui venaient exprès à Marseille à cette foire unique en son genre pendant très longtemps.

La foire c’est aussi le rendez-vous de tous les santonniers qui chaque année créent un nouveau modèle ou plusieurs à cette occasion. Une saine concurrence pour être toujours novateur, et ne jamais recopier son voisin était la règle entre tous.

Il faut expliquer brièvement, qu’à cette époque, les grandes familles de santonniers se prêtent leurs moules. Les santonniers ne possèdent pas un moule pour chaque personnage. Par exemple, un tel, à un modèle de jeune homme et le prête à un autre, en échange d’un modèle de vieille femme.

Car, même avec les mêmes moules, chaque santonnier a son style, ses différences avec sa peinture, ses accessoires, qui fait que chaque modèle est unique.

De plus en plus de personnages apparaissent, qui sont le fruit de l’imaginaire de chaque santonnier, comme le « Bartoumiou » crée par les Truffier.

Il existe des règles, qui régissent l’organisation de la foire et en fait la vie des santonniers.

Les baraques sont privées et donc toutes différentes. Pour unifier cela, la municipalité de la ville, demande un

Etalage Truffier à la Foire aux Santons de Marseille in "Le Santonnier" - Berger-Levrault, 1977

Etalage Truffier
à la Foire aux Santons de Marseille
in « Le Santonnier » – Berger-Levrault, 1977

interlocuteur : c’est la naissance du syndicat des santonniers.

On impose les mêmes baraques pour tous.

On peut « monter sa baraque » après avoir fait une demande. Les fils et filles de santonniers sont prioritaires par rapport aux nouveaux. Mais ils ne peuvent pas prendre la suite de leurs parents. Il y a, en effet, un sens : les nouveaux s’installent en haut du champs de foire,on descend au fur et a mesure des arrêts d’activité ou des décès

C’est également un moyen de distinguer pour les clients, qui sont nouveaux, et qui sont anciens.

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